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Session Clinique 01- Jeudi 8 Octobre 2020 - 08h05

Résumé N° : C0_010

Facteurs prédictifs de non-réponse à l’acide ursodésoxycholique après transplantation hépatique chez les patients transplantés pour une cholangite biliaire primitive.

Léa Duhaut* (Villejuif), Valérie Cailliez (Villejuif), Pauline Houssel-Debry (Rennes), Lucy Meunier (Montpellier), Filomena Conti (Paris), Jérôme Dumortier (Lyon), Roux Olivier (Clichy), Teresa Antonini (Lyon), Audrey Coilly (Villejuif)

Introduction : La cholangite biliaire primitive entraîne une destruction des petites voies biliaires évoluant la cirrhose. L’AUDC ralentit la progression de la fibrose et limite le recours à la transplantation hépatique (TH). Les patients non-répondeurs à l’AUDC présentent une progression plus rapide de la fibrose. Le risque de récidive après TH est de 9 à 36%. La reprise de l’AUDC diminue le risque de récidive. Les critères de Paris II ne sont pas validés pour évaluer la réponse à l’AUDC après la TH, or l’identification des patients non-répondeurs permettrait de leur proposer une deuxième ligne de traitement.

Patients et méthodes / ou matériel et méthodes : L’objectif principal était d’identifier les facteurs prédictifs de non-réponse à l’AUDC après la TH. La non-réponse sous AUDC préventif était définie comme une récidive histologiquement prouvée après la réintroduction de l’AUDC. La non-réponse à l’AUDC à visée curative, réintroduit après le diagnostic histologique de récidive, était définie par : décès ou retransplantation secondaire à la récidive ou progression de la fibrose sous AUDC. Les objectifs secondaires étaient d’étudier le taux de récidive et les facteurs associés, la survie du patient et du greffon, les taux et causes de retransplantation, les délais TH-retransplantation, TH-récidive, TH-réintroduction de l’AUDC et d’établir les causes de décès. Il s’agissait d’une étude observationnelle rétrospective multicentrique portant sur les patients transplantés pour une CBP entre 1995 et 2017 dans 7 centres de transplantation français.

Résultats : Nous avons inclus 145 patients : 126 femmes (89,6%) d’âge médian 45,8 ans au diagnostic et 54,9 ans à la TH, avec une cirrhose dans 91% des cas. L’AUDC a été réintroduit chez 98 patients (71,9%) dans un délai moyen de 24,1 mois après la TH, en prévention chez 73 patients (50,3%) et à visée curative chez 25 patients (17,2%). Parmi eux 23 patients (23,4%) avaient une non-réponse : 6 sous AUDC à visée curative et 17 sous AUDC préventif. En analyse univariée, les facteurs associés à la non-réponse étaient l’âge du receveur à la TH, le prurit, le rejet aigu et chronique et la récidive d’hépatite auto-immune (respectivement p=0,004 ; p=0,031 ; p=0,002 ; p=0,031 et p=0,012). La prise de ciclosporine, d’azathioprine au diagnostic de récidive, l’arrêt des corticoïdes avant 1 an et l’absence de MMF au diagnostic de récidive étaient associés à la non-réponse (respectivement p=0,018 ; p=0,046 ; p=0,029 ; p=0,036). En analyse multivariée, les facteurs prédictifs étaient l’âge du receveur à la TH, la survenue d’un rejet aigu ou chronique et l’absence de MMF au diagnostic de récidive (respectivement p=0,0292 ; p=0,0041 ; p=0,0171). Il n’existait pas de différence de survie globale et du greffon entre les répondeurs et les non-répondeurs. Treize patients (9%) ont été retransplantés dont 46,2% pour une récidive.

Conclusion : Ce travail a montré un taux de non-réponse à l’AUDC de 23,4% dans notre population. Les facteurs prédictifs de non-réponse à l’AUDC étaient l’âge jeune du receveur à la TH, la survenue d’un rejet et l’absence de MMF dans le traitement immunosuppresseur au diagnostic de récidive. Une cohorte de plus grande taille serait nécessaire pour confirmer ces données, notamment l’impact de l’immunosuppression sur la non-réponse à l’AUDC, et identifier d’autres facteurs prédictifs de non-réponse à l’AUDC.

L’auteur n’a pas transmis de déclaration de conflit d’intérêt

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