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Session Clinique 05 : Virus - Vendredi 9 Octobre 2020 - 15h30

Résumé N° : C0_039

Recherche de causes virales des Hépatites Aiguës Sévères Indéterminées : résultats de l'étude HASI-iQUEST

Nicolas Gille* (Villejuif), Lina Mouna (Villejuif), Mylène Sebagh (Le Kremlin-Bicêtre), Céline Piedvache (Le Kremlin-Bicêtre), Hélène Agostini (Le Kremlin-Bicêtre), Philippe Ichai (Villejuif), Duclos-Vallée Jean-Charles (Villejuif), Didier Samuel (Villejuif), Anne-Marie Roque-Afonso (Villejuif), Audrey Coilly (Villejuif), Christophe ()

Introduction : Malgré une enquête étiologique exhaustive, il n’est pas toujours possible de déterminer la cause d’une hépatite aiguë sévère (HAS). Dans 18% des cas en France, les HAS sont de cause indéterminée (HASI) (1). Or, certaines HASI pourraient être causées par des virus non recherchés. D’autres virus, ubiquitaires, pourraient jouer un rôle dans le pronostic de ces patients (2,3). L’objectif principal de notre étude était de déterminer le rôle des virus dans les HASI.

Patients et méthodes / ou matériel et méthodes : La cohorte HASIPRO est la première étude prospective multicentrique nationale s’intéressant aux HASI. Entre 2013 et 2016, 70 patients présentant une HASI ont été inclus dans 15 centres hospitaliers. Les critères d’inclusion étaient les suivants : âge≥18 ans, présence d’une HAS définie par un TP1,5, absence d’une cause identifiée à l’admission, absence d’hépatopathie chronique sous-jacente. La recherche de virus potentiellement responsables d’HAS et des virus ubiquitaires a été réalisée par PCR et sérologies à partir d’une biothèque constituée à l’admission des patients. Une relecture histologique en aveugle des biopsies hépatiques et des foies natifs a été réalisée par un anatomo-pathologiste expert afin d’évaluer l’imputabilité virologique, classée « Certaine », « Possible » ou « Improbable », selon les lésions histologiques compatibles avec une hépatite virale.

Résultats : Les virus hépatotropes (VHA, VHB, VHC, VHE) étaient recherchés dans plus de 90% des cas, contre seulement 19% à 69% des cas pour les autres virus (CMV : 69%, HSV-1 : 57%, HSV-2 : 56%, EBV : 49%, HHV-6 : 40%, VZV : 26%, parvovirus B19 : 19%), Tableau 1. Les méthodes de recherche virologique respectaient peu les recommandations de l’EASL : les virus HSV-1 et HSV-2 étaient recherchés à la fois par PCR et sérologie chez seulement un quart des patients.
Six HAS a priori indéterminées (9%) ont été reconsidérées virales : 3 HAS liées au VHE, une HAS au virus de la dengue et 2 HAS au parvovirus B19, ces deux dernières (33%) n’ayant pas été diagnostiquées par les centres investigateurs. Parmi ces 6 patients, un est décédé (17%) et un autre a été transplanté (17%). Les caractéristiques de ces 6 patients n’étaient pas différentes des caractéristiques des patients ayant une HASI non virale.
L’imputabilité virologique sur l’analyse histologique seule était estimée « Possible » dans 14 cas (56%) à la PBH et dans 15 cas (75 %) à la relecture du foie natif. Elle n’a jamais été classée « Certaine ». Le pourcentage de nécrose (p=1,0), le score de fibrose (p=0,77), et la présence des virus ubiquitaires EBV (p=0,06) et TTV (p=0,97), n’étaient pas des facteurs pronostiques de mortalité ou de TH.

Conclusion : Les HASI reconsidérées virales sont rares, mais l’enquête virale en France respecte peu les recommandations des sociétés savantes. La biopsie hépatique n’apporte pas d’information supplémentaire quand une cause virale est suspectée. Les virus ubiquitaires n’ont pas de rôle pronostique en cas d’HASI.

Remerciements : Nous remercions tous les investigateurs de l’étude HASIPRO : Pr Stanislas Pol, Pr Christophe Duvoux, Pr Christine Silvain, Pr Vincent Leroy, Pr Laurent Alric, Dr Nicolas Carbonell, Dr Marika Rudler, Dr Claire Francoz, Dr Olivier Roux, Dr Charlotte Costentin, Dr Amélie Cannesson, Dr Guillaume Lassailly, Dr Camille Besch, Dr Jean-Paul Cervoni, Dr Jean-Marc Perarnau, Dr Sylvie Radenne, Dr Olivier Guillaud.

Références : (1) Ichai P, Samuel D. Etiology and prognosis of fulminant hepatitis in adults. Liver Transpl. 2008;14(S2):S67‑79
(2) Jaksch P, Kundi M, Görzer I, Muraközy G, Lambers C, Benazzo A, et al. Torque Teno Virus as a Novel Biomarker Targeting the Efficacy of Immunosuppression After Lung Transplantation. J Infect Dis. 5 nov 2018;218(12):1922‑8.
(3) Strassl R, Schiemann M, Doberer K, Görzer I, Puchhammer-Stöckl E, Eskandary F, et al. Quantification of Torque Teno Virus Viremia as a Prospective Biomarker for Infectious Disease in Kidney Allograft Recipients. J Infect Dis. 8 sept 2018;218(8):1191‑9.

L’auteur n’a pas transmis de déclaration de conflit d’intérêt

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