Les résumés complets seront bientôt en ligne

Session Clinique 05 : Virus - Vendredi 9 Octobre 2020 - 15h30

Résumé N° : C0_042

L’étude prospective de la cinétique de l’ADNccc du VHB révèle une réinfection précoce du greffon hépatique malgré une prophylaxie par NUC et immunoglobulines anti-HBs

François Villeret* (Lyon), Fanny Lebosse (Lyon), Sylvie Radenne (Lyon), Didier Samuel (Villejuif), Bruno Roche (Villejuif), Christian Ducerf (Lyon), Mabrut Jean-Yves (Lyon), Vincent Leroy (Grenoble), Georges-Philippe Pageaux (Montpellier), Rodolphe Anty (Nice), Reda Berby (Lyon), Massimo Levrero (Lyon), Caroline Scholtes (Lyon), Barbara Testoni (Lyon), Fabien Zoulim (Lyon)

Introduction : La double prophylaxie par analogues de nucléoside (NUC) et immunoglobulines anti-HBs (IgHBs) permet de réduire le risque de réactivation virale B après transplantation hépatique (TH). La durée de cette double prophylaxie reste débattue. Le manque de biomarqueurs non invasifs de la réplication virale B intra-hépatique après TH ne permet pas de personnaliser la stratégie de prophylaxie.

Patients et méthodes / ou matériel et méthodes : De façon prospective, des échantillons sanguins provenant de 34 patients transplantés hépatique pour une infection chronique virale B, compliquée ou non d’un carcinome hépato-cellulaire (CHC), ont été collectés à l’inscription sur liste de TH, le jour de la TH, à 3 mois et à 12 mois après la TH. Un prélèvement provenant du foie natif, de la biopsie de reperfusion ainsi qu’une biopsie à 12 mois après la TH ont été collectés et conservés à -80°C. Après extraction des ARN et ADN, la quantification de l’ADN-VHB total, de l’ADNccc et de l’ARN 3,5 kb a été réalisée par digital droplet PCR (ddPCR). La quantification de l’AgHBcr sérique et de l’AgHBs a été réalisée sur la plateforme Lumipulse de Fujirebio (la limite de quantification est respectivement de 3 logU/mL et 5 mUI/mL).

Résultats : Les caractéristiques à la TH étaient : âge médian de 54,3 ans, 24 patients avaient un CHC, 33 étaient sous NUC, 28 avaient un AgHBe négatif et 2 coinfectés par le VHD. A la TH, la charge virale sérique était indétectable chez 86,2% des patients. L’ADN-VHB était détectable dans 97% des foies natifs avec une médiane de 0,045 copies/cellules pour l’ADN total et 0,0012 copies/cellules pour l’ADNccc. L’ARN 3,5 kb était quantifiable chez 20 patients avec une médiane de 0,001 copies/cellules. Les donneurs étaient tous anti-HBc négatifs. Tous les receveurs ont reçu la double prophylaxie pendant 12 mois et avaient une charge virale sérique indétectable 12 mois après la TH. 14/29 biopsies de reperfusion étaient positives pour l’ADN-VHB et 3 pour l’ARN 3,5 kb. 13/20 biopsies hépatiques disponibles à 1 an étaient positives pour l’ADN du VHB (dont 5 avaient une quantification positive sur la biopsie de reperfusion également) et 7 pour l’ARN 3,5 kb. 7 patients à 3 mois de la TH et 5 à 1 an étaient positifs pour l’AgHBcr sérique ; parmi ces derniers, 2 (sur 4 biopsies disponibles) avaient une quantification positive de l’ADN-VHB sur la biopsie à 12 mois. A 12 mois, tous étaient négatifs pour l’AgHBs avec les techniques classiques, 5 étaient positifs avec la technique ultra-sensible Lumipulse.

Conclusion : Nos résultats montrent une ré-infection rapide par le VHB des greffons hépatiques malgré une double prophylaxie. A 1 an de la TH, la majorité des patients avaient des marqueurs intra-hépatiques du VHB détectables et 9 patients avaient des marqueurs sériques détectables. Une vigilance accrue doit être maintenue pour la prophylaxie anti-VHB après TH.

Remerciements : Ce travail a été en partie financé par l’ANR (programme RHU “cirB-RNA”), Gilead et Fujirebio

L’auteur n’a pas transmis de déclaration de conflit d’intérêt

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