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Session Clinique 05 : Virus - Vendredi 9 Octobre 2020 - 15h30

Résumé N° : C0_043

Effets direct et indirect de la co-infection par le VIH sur le risque de cancer non-hépatiques chez les patients infectés par le VHC traités par AVD

Mathieu Chalouni* (Bordeaux), Stanislas Pol (Paris), Philippe Sogni (Paris), Hélène Fontaine (Paris), Karine Lacombe (Paris), Jean-Marc Lacombe (Paris), Esterle Laure (Bordeaux), Camille Gilbert (Bordeaux), Céline Dorival (Paris), Dominique Salmon (Paris), Florence Carrat (Paris), Linda Wittkop (Bordeaux)

Introduction : L’inflammation chronique et la dérégulation immunitaire engendrées par le VIH et les consommations d’alcool et de tabac plus fréquentes ainsi que la dérégulation métabolique peuvent expliquer ke sur-risque de cancers non-hépatiques chez les patients co-infectés VIH/VHC. L’objectif était d’estimer l’effet direct (inflammation chronique et dérégulation immunitaire) et indirect (consommation de tabac et d’alcool plus fréquentes ainsi que la dérégulation métabolique) de la co-infection par le VIH sur le risque de cancers non-hépatiques chez des patients infectés par le VHC traités par AVD.

Patients et méthodes / ou matériel et méthodes : Jusqu’à 4 mono-infectés VHC de la cohorte ANRS CO22 HEPATHER ont été appariés à chaque co-infecté VIH/VHC de la cohorte ANRS CO13 HEPAVIH en fonction de l’âge et du sexe. Les consommation d’alcool et de tabac était celles déclarées par les participants. La présence d’un syndrome métabolique été définie en fonction des recommandations du National Cholesterol Education Program. Les cancers non-hépatiques étaient tous les cancers hors carcinomes hépatocellulaires. Une analyse de sensibilité a été réalisée en excluant également les cancers viro-induits (sarcome de Karposi, cancer du col de l’utérus, lymphome Hodgkinien et non-Hodgkinien, cancer anal). Les effets direct, indirect et total de la co-infection VIH sur le risque de cancers non-hépatiques ont été estimés par l’intermédiaire d’une analyse de médiation contrefactuelle.

Résultats : 548 participants co-infectés VIH/VHC et 2015 mono-infectés VHC ont été inclus. L’âge médian éétait de 52,9 ans [intervalle interquartile : 49,5 ; 56,6] et de 53,2 ans [49,5 ; 56,9], 405 (73,9 %) et 1478 (73,3 %) étaient des hommes : 177 (46,6 %) et 4 (0,4 %) déclaraient consommer de l’alcool, 265 (67,2 %) et 904 (46,3 %) déclaraient consommer du tabac et 30 (9,2 %) et 131 (13,4 %) présentaient un syndrome métabolique, chez les participants co-infectés VIH/VHC et mono-infectés VHC, respectivement. Après un suivi médian de 2,8 ans [1,6 ; 3,8] 22 cancers non-hépatiques ont été observées, dont 5 viro-induits, et 28 non-viro-induits, respectivement. Globallement, la co-infection par le VIH augmentait de 3,7 fois [1,7 ; 7,0] le risque de cancers non-hépatiques, principalement par l’effet direct de la co-infection VIH qui augmentait le risque de 3,4 fois [1,7 ; 6,6]. L’effet indirect de la co-infection VIH n’était pas associé significativement au risque de cancers non-hépatiques (1,1 [0,8 ; 7,0]). Après exclusion des cancers viro-induits, la co-infection par le VIH était toujours associée à une augmenation du risque de cancers de 3,1 fois [1,6 ; 4,9], principalement du fait de l’effet direct 2,4 [1,2 ; 5,0], mais pas de l’effet indirect 1,3 [0,9 ; 1,7] de la co-infection VIH.

Conclusion : Chez des patients infectés par le VHC traités par DAA, la co-infection VIH augmente le risque de cancers non-hépatiques d’un facteur 3,7 par un effet direct de la co-infection VIH, reflétant l’inflammation chronique et la dérégulation immunitaire, alors que l’effet indirect de la co-infection par le VIH, reflétant les consommation d’alcool et de tabac plus fréquentes et à la dérégulation métaboliques, n’est pas associé au risque de cancers non-hépatiques.

L’auteur n’a pas transmis de déclaration de conflit d’intérêt

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