Les résumés complets seront bientôt en ligne

Poster - Jeudi 8 Octobre 2020

Résumé N° : P_001

Elimination des hépatites virales en prison : on y est presque !

Juliette Foucher* (Bordeaux), Maxime Delmotte (Bordeaux), Maud Fenet-Garde (Bordeaux), Marie Maguin (Bordeaux), Pierre Brun (Bordeaux), Victor De Ledinghen (Bordeaux)

Introduction : Le temps de l’incarcération est une opportunité pour le dépistage et le traitement des hépatites virales. En France, il n’y a pas d’étude récente sur la prévalence des hépatites virales B et C en prison ni sur la cascade de soin de leur élimination. Le but de cette étude était d’évaluer la prévalence des hépatites virales B et C en maison d’arrêt et la cascade de leur élimination.

Patients et méthodes / ou matériel et méthodes : Nous avons réalisé une étude « un jour donné » (19 Avril 2019) au Centre pénitentiaire (maison d’arrêt) de Gradignan en Gironde. Toutes les caractéristiques cliniques et biologiques des détenus présents ce jour-là ont été recueillies. Le dépistage, la prise en charge, le traitement et le suivi des hépatites virales B et C ont été évalués.

Résultats : Au total, 730 détenus ont été inclus (684 hommes, âge moyen 33 ans). Un dépistage VHC et VHB a été proposé à la visite médicale d’entrée à 100% des détenus. Ce dépistage a été accepté par 579 détenus (80,6%). Le bilan sanguin avec recherche sérologique a été réalisé chez 523/579 détenus (90,3%). Le délai moyen entre l’acceptation du bilan et sa réalisation a été de 40 jours.
Chez les détenus qui ont réalisé le bilan sanguin, la prévalence d’un AgHBs + ou d’une sérologie VHC + était respectivement de 0,76% et 3,6%. Parmi les 4 patients AgHBs positifs, une infection à AgHBe négatif était retrouvée chez 2 d’entre eux. Un patient avec hépatite chronique à AgHBe négatif a débuté un traitement. 237 détenus (45%) étaient vaccinés et 47 avait une cicatrice sérologique d’hépatite B.

Chez les 19 patients VHC +, l’ARN VHC était négatif dans 12 cas, non réalisés dans 2 cas (* sur la figure), et positif dans 5 cas (0,95%). Un patient a refusé le traitement, 3 patients ont été traités (2 RVS et 1 patient avec ARN du VHC non fait à la visite 12 semaines après l’arrêt du traitement), et un patient a été libéré avant le début du traitement. Tous les patients avec ARN VHC positif avaient une élasticité hépatique

Conclusion : En 2019, en maison d’arrêt, la prévalence de l’hépatite B et de l’hépatite C est faible (moins de 1% des détenus). Ce résultat confirme qu’une élimination des hépatites virales en prison est envisageable d’ici 2025. Les efforts doivent être poursuivis pour améliorer la cascade de l’élimination, plus particulièrement en réduisant le délai entre l’acceptation du dépistage et sa réalisation. Des actions spécifiques ont été mises en place et une nouvelle évaluation est prévue dans quelques mois.

L’auteur n’a pas transmis de déclaration de conflit d’intérêt

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