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Poster - Jeudi 8 Octobre 2020

Résumé N° : P_016

Cascade de prise en charge de l’hépatite C chronique en France métropolitaine : impact des antiviraux à action directe, mais le chemin vers l’élimination est encore long

Cécile Brouard* (Saint-Maurice), Josiane Pillonel (Saint-Maurice), Marjorie Boussac (Paris), Victor De Lédinghen (Bordeaux), Antoine Rachas (Paris), Christine Silvain (Poitiers), Lydié Nathalie (Saint-Maurice), Stéphane Chevaliez (Créteil), Corinne Pioche (Saint-Maurice), Julien Durand (Saint-Maurice), Antonio Lot (Saint-Maurice), Elisabeth Delarocque-Astagneau (Villejuif)

Introduction : L’OMS a fixé un objectif d’élimination des hépatites C et B à l’horizon 2030, visant à ce que 90% des infections chroniques soient diagnostiquées et que 80% des personnes infectées soient traitées. La France s’est engagée à atteindre cet objectif pour l’hépatite C d’ici 2025. Ce travail a pour but d’estimer la cascade de prise en charge de l’hépatite C chronique en France métropolitaine en 2011 et en 2016 pour évaluer l’impact des antiviraux à action directe (AAD) et suivre l’élimination.

Patients et méthodes / ou matériel et méthodes : Les nombres de personnes 1) ayant une hépatite C chronique, 2) ayant connaissance de leur infection, 3) prises en charge pour leur infection, 4) en cours de traitement antiviral, ont été estimés pour 2011 (18-80 ans) et 2016 (18-75 ans).
Les estimations 1) et 2) reposaient sur des modélisations pour 2011 ; sur une enquête de prévalence, avec un volet biologique, réalisée auprès d’un échantillon aléatoire de la population générale métropolitaine (près de 7000 personnes testées) pour 2016.
Les estimations 3) et 4) ont été réalisées à partir du Système national des données de santé (SNDS) en construisant un algorithme d’identification des personnes ayant eu recours aux soins pour une hépatite C chronique dans l’année (actes de biologie, actes médicaux, traitement antiviral, hospitalisation, affection de longue durée) et en prenant en compte l’ensemble des traitements antiviraux disponibles.

Résultats : Entre 2011 et 2016, le nombre de personnes ayant une hépatite C chronique a diminué de 30,6%, passant de 192 700 (Intervalle de crédibilité à 95% : 150 900-246 100) à 133 500 (Intervalle de confiance (IC) à 95% : 56 900 – 312 600) (Figure). La proportion de personnes ayant connaissance de leur infection a augmenté : 57,7% en 2011 à 80,6% en 2016. Sur cette période, le nombre de personnes identifiées comme prises en charge pour leur infection dans l’année est passé de 28 000 (14,5% des personnes infectées) à 34 300 (25,7% des personnes infectées), soit une augmentation de 22,5%. Le nombre de personnes en cours de traitement est passé de 12 900 en 2011 à 16 100 en 2016 (+24,6%), tandis que leur proportion par rapport au nombre de personnes infectées est passée de 6,7% en 2011 à 12,1% en 2016.
Figure : Cascade de prise en charge de l’hépatite C chronique en 2011 et 2016, France métropolitaine

Conclusion : Ce travail suggère un impact important des AAD. L’accès aux soins et au traitement des personnes infectées restait cependant insuffisant en 2016. Evaluer l’impact des nouvelles mesures depuis 2016 et estimer la cascade chez les usagers de drogues injecteurs constituent des perspectives de travail.

L’auteur a déclaré le(s) conflit(s) d’intérêt suivant(s) :Victor de Lédinghen, Christine Silvain : Gilead, AbbVie ; Stéphane Chevaliez : Gilead, Abbott, Cepheid, Hologic

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