Les résumés complets seront bientôt en ligne

Poster - Vendredi 9 Octobre 2020

Résumé N° : P_035

L’auto-immunité associée à la cholangite biliaire primitive alimente l’immunosurveillance du cholangiocarcinome

Juliette Paillet* (Paris), Sarah Lévesque (Paris), Julie Le Naour (Paris), Gautier Stoll (Paris), Bouchra Lekbaby (Paris), Patrick Soussan (Paris), Pol Jonathan (Paris), Guido Kroemer (Paris)

Introduction : L’inflammation chronique est un facteur de risque reconnu de développement des cancers. Des pathologies inflammatoires chroniques peuvent affecter l’arbre biliaire, principalement la cholangite sclérosante primitive (CSP) et la cholangite biliaire primitive (CBP). Dans cette ligne, la CSP constitue la première étiologie établie du cholangiocarcinome (CC), le cancer des voies biliaires, dans les pays occidentaux. En revanche, la CBP ne semble jamais associée au CC.

Patients et méthodes / ou matériel et méthodes : De cette observation, nous avons émis l’hypothèse que l’autoimmunité associée à la CBP alimenterait l’immunosurveillance du CC et protégerait les patients de son émergence.

Pour mener à bien ce projet, nous avons adapté au sein du laboratoire des modèles murins de CBP et de CSP, et obtenue une lignée murine syngénique de cholangiocarcinome que nous avons pu implanter en sous-cutanées chez nos animaux. Des déplétions de lymphocytes et neutralisations de cytokines ont été réalisées par injection d’anticorps monoclonaux, respectivement, déplétant ou neutralisant. Le phénotype des cellules immunitaires infiltrées au sein des tumeurs de CC, des foies, des rates et des ganglions lymphatiques a pu être analysé par cytométrie en flux.

Résultats : Dans des modèles de souris atteintes de CBP et de CSP implantées avec une lignée cellulaire syngénique de CC, la CSP n’impactait pas la progression du CC. A l’inverse, la CBP réduisait la fréquence de développement et retardait la cinétique de croissance des tumeurs de CC. Des analyses immunologiques ont révélé que ces effets liés à la CBP étaient accompagnés d’une augmentation des populations de lymphocytes auxiliaires et cytotoxiques de type 1 et 2 (Th1/Th2, Tc1/Tc2) dans le foie, la rate, la tumeur de CC et son ganglion lymphatique drainant. Cette protection apparaissait spécifique du CC car la CBP n’impactait pas le développement d’autres types de cancers tel que le carcinome hépatocellulaire. Des déplétions systémiques de lymphocytes T CD4+ et CD8+ (seules ou combinées) ou de lymphocytes B, ainsi que la neutralisation de l’IFN? (cytokine signature de la réponse Th1/Tc1) atténuaient l’effet anti-CC observé lors de la CBP. Dans l’ensemble, ces résultats suggèrent un chevauchement mécanistique entre auto-immunité et immunosurveillance des cancers, avec des réactions auto-immunes contre un auto-antigène spécifique d’un tissu sain qui participent à l’immunosurveillance des cellules malignes de ce même tissu.

Conclusion : A terme, ce projet devrait contribuer au développement d’interventions immunothérapeutiques contre le CC, complémentaires ou alternatives aux soins actuels, mais aussi d’approches immunoprophylactiques pour les populations à risque tels que les patients CSP.

Remerciements: Remerciements à l’association albi qui a financé le contrat doctoral associé à ces travaux.

L’auteur n’a pas transmis de déclaration de conflit d’intérêt

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