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Poster - Vendredi 9 Octobre 2020

Résumé N° : P_053

Antibiothérapie probabiliste des épisodes infectieux pour les patients cirrhotiques : données de la « vraie vie » et adaptation selon l’écologie microbienne locale

Veyre Florian (Lyon), Caroline Dellestable (Lyon), Nina Pronina (Lyon), Teresa Antonini (Lyon), Kerstin Hartig Lavie (Lyon), Marianne Maynard Muet (Lyon), Miaglia Clothilde (Lyon), Domitille Poinsot (Lyon), Miroslava Subic Levrero (Lyon), Fabien Zoulim (Lyon), Ella Miailhes (Lyon), Fanny Lebossé* (Lyon)

Introduction : Les épisodes infectieux (EI) bactériens peuvent précipiter des complications sévères de cirrhose. Des schémas de traitement antibiotique (AB) probabiliste adaptés au type d’EI ont été proposés par l’EASL et l’AASLD afin de limiter le retard thérapeutique. Ces schémas doivent toutefois être confrontés à l’écologie microbienne locale pour limiter l’émergence de résistances aux AB. L’objectif de cette étude était de décrire les bactéries responsables d’EI de patients cirrhotiques dans un centre d’hépatologie, ainsi que leurs sensibilités aux AB et de les comparer aux données internationales.

Patients et méthodes / ou matériel et méthodes : Les agents bactériens responsables d’EI cliniquement significatifs chez des patients cirrhotiques hospitalisés de Janvier à Décembre 2018 dans un centre d’hépatologie hospitalo-universitaire ont été recueillis, ainsi que les données démographiques, cliniques et biologiques des patients concernés. Les résistances bactériennes (RB) ont été étudiées et les bactéries multi-résistantes (BMR) ont été déterminées selon la définition internationale (≥3 résistances acquises). Les RB ont été comparées aux recommandations émises par l’EASL en 2018.

Résultats : 135 EI (dont 29% de bactériémie) concernant 71 patients ont été recueillis. On notait une majorité d’hommes (60%), d’âge médian 67 ans (58-73) ayant une cirrhose éthylique (63%). Le score MELD médian était 19 (13,5-25). Les médianes des leucocytes et de la CRP étaient respectivement de 7,1 G/L (5,2-11,4) et 52,1 mg/L (17,2-95). Parmi les 135 EI, seuls 4 étaient d’origine communautaire (IC), 43 associés aux soins (IAS) et la majorité (n=88, 65%) nosocomiale (IN). Parmi les IN, on notait une incidence significativement plus importante des infections à Enterococcus spp en comparaison aux IC/IAS (22,7% vs 8,5% respectivement ; p=0,05). Notamment, la prophylaxie par norfloxacine était associée à une incidence plus importante des infections à Enterococcus faecium (32% vs 9% avec et sans prophylaxie ; p=0,008). Aucune différence n’était retrouvée selon la présence ou non d’un traitement par rifaximine. Les recommandations AB internationales étaient en majorité adaptées pour la prise en charge des IC et IAS (87%). En comparaison à ces recommandations, une désescalade AB était possible dans 55% des cas d’IN d’après l’antibiogramme, majoritairement lors d’une infection à entérobactéries (arrêt des carbapénèmes) en comparaison aux infections par un autre micro-organisme (67% vs 31% ; p=0,0003).

Conclusion : L’étude de l’écologie microbienne locale permet d’adapter les schémas AB internationaux à la vie réelle et de limiter l’émergence de BMR. Dans notre centre, un usage probabiliste des carbapénèmes non systématique ou une désescalade AB en cas d’IN à entérobactéries est souvent possible. Une couverture AB d’Enterocococcus spp reste recommandée en cas d’IN dans notre centre et pourrait être suggérée en cas de prophylaxie par norfloxacine (à confirmer par des études ultérieures).

L’auteur n’a pas transmis de déclaration de conflit d’intérêt

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