Jeudi 30 septembre 2021 - 08h29

Résumé N° : CO_08

Dépistage de la fibrose hépatique avancée chez des patients coronariens : une étude prospective monocentrique (étude CoroNASH)

S. Vendeville*, L. Akkouche, D. Weil, C. Vanlemmens, C. Richou, JP. Cervoni, P. Calame, MF. Seronde, V. Di Martino, J. Boursier, T. Thevenot (Besançon, Angers)

Introduction : La fibrose hépatique représente le principal facteur pronostique de l’hépatopathie stéatosique non alcoolique (NAFLD). L’association entre maladies cardiovasculaires et fibrose hépatique avancée (FHA) est reconnue. La biopsie hépatique (BH), référence pour l’évaluation de la fibrose hépatique, est inappropriée à une large utilisation. La prévalence de la FHA et l’étude des tests non invasifs de fibrose (TNIFs) chez les patients coronariens ne sont pas connues. L’objectif de cette étude était de réaliser un dépistage systématique de la FHA chez des patients coronariens, à l’aide de TNIFs sériques et du Fibroscan (FS) ; la FHA était définie par un FS ≥8 kPa.
Patients et méthodes ou matériels et méthodes: Les patients âgés de 18 à 70 ans avec une atteinte coronarienne à la coronarographie étaient prospectivement inclus. Cinq TNIFs sériques (NAFLD Fibrosis Score (NFS), APRI, FIB-4, Forns, eLIFT) et un Fibroscan (FS) étaient réalisés chez tous les patients. Une BH était proposée en cas de FHA suspectée au FS. Les zones intermédiaire et à haut risque du NFS, APRI, FIB-4 et Forns étaient associées pour l’analyse du fait d’une faible proportion de patients dans les zones à haut risque (0,5% pour l’APRI à 13,6% pour le Forns). Le groupe à « haut-risque » de NAFLD comprenait au moins un des critères suivants : obésité, diabète, hypertriglycéridémie ou ALAT augmentée.

Résultats : De mai 2019 à mars 2020, 969 patients ont eu une coronarographie et 199 répondaient aux critères d’inclusion. Les caractéristiques de la population étaient : âge moyen 60 ans, homme 81%, syndrome métabolique 57%, IMC ≥ 25 kg/m² 72%, NAFLD (Fatty Liver Index ≥60) 45%. Dans la population de l’étude (n=199), la FHA était suspectée chez 10% (APRI), 25% (FIB-4), 32% (eLIFT), 40% (NFS) et 85% (Forns) des patients. Les scores Forns et eLIFT avaient les meilleures performances pour la prédiction du FS ≥8 kPa (AUROCs 0,728 et 0,739, respectivement) et les faux positifs étaient nombreux avec le Forns (80%). Dans le groupe à « haut-risque » de NAFLD (n=111), la proportion de patients suspects de FHA variait de 14% (APRI) à 85% (Forns). Le FS était non valide chez 10/199 patients et était ≥ 8 kPa chez 10/189 patients (5,3%) ; la BH, réalisée chez 5 de ces patients, retrouvait trois FHA (2 F3, 1 F4) et deux sans fibrose. La meilleure stratégie maximisant la sensibilité (Se) et la spécificité (Sp) utilisait le score eLIFT (Se 63%, Sp 70%, VPP 15%, VPN 96%). Avec ce score, la FHA était suspectée chez 34 patients et 5/34 avaient un FS ≥8 kPa.

Conclusion : Le dépistage de la FHA par le cardiologue chez les patients coronariens pourrait débuter par une identification des patients à « haut risque » de NAFLD (critères clinico-biologiques simples) puis par le calcul du score eLIFT afin de déterminer les patients nécessitant un FS.

L’auteur n’a pas transmis de déclaration de conflit d’intérêt

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