Jeudi 30 septembre 2021 - 14h54

Résumé N°: CO_20

La divergence évolutive du HLA de classe 1 du donneur est un prédicteur majeur du rejet d'allogreffe hépatique

C. Feray*, JL. Taupin, M. Sebagh, Z. Demir, A. Coilly, F. Saliba, E. Vibert, D. Azoulay, C. Guettier, D. Debray, S. Caillat-Zucman, D. Samuel (Villejuif, Paris, Kremlin-Bicêtre)

Introduction : La divergence évolutive HLA (HED), une métrique continue quantifiant les différences entre chaque acide aminé de deux allèles HLA homologues reflète l’étendue de l’immunopeptidome présenté aux lymphocytes T (Figure 1). Elle a été associée à la réponse aux virus, aux maladies auto-immunes et récemment à la réponse antitumorale des immunothérapies (Chowell et al, Science, 2018). Objectif: Évaluer l’effet potentiel du HED du donneur ou du receveur sur le rejet d’une greffe du foie.

Patients et méthodes ou matériels et méthodes : 1154 adultes (Hôpital Paul Brousse) et 113 enfants primo transplantés hépatiques (Hôpital Necker) entre 2004 et 2018.

Mesures: Des biopsies hépatiques ont été réalisées en routine 1, 2 et 5 ans après la transplantation et en cas de dysfonctionnement hépatique. Douze types de lésions histologiques étaient distinguées. Les anticorps anti-HLA spécifiques du donneur (DSA) ont été déterminés chez les enfants uniquement au moment de la biopsie. Le HED a été calculé en utilisant la distance physico-chimique de Grantham pour les allèles de classe I (HLA-A, HLA-B) et de classe II (HLA-DRB1, HLA-DQB1). L’influence de l’HED sur l’incidence des lésions hépatiques a été analysée par une approche de pondération de probabilité inverse basée sur des scores de propension généralisée équilibrant les covariables.

Résultats : Chez les adultes, la HED de classe I du donneur était significativement associée au rejet aigu (hazard ratio (HR), 1,09; intervalle de confiance à 95% (IC), 1,03-1,16), au rejet chronique (HR, 1,20; IC à 95%, 1,10-1,31) et à la ductopénie ≥ 50% (HR, 1,33; IC à 95%, 1,09 -1,62), mais avec aucune autres lésions histologiques (Figure 2). Chez les enfants, la HED de classe I du donneur était également associée à un rejet aigu (HR, 1,16; IC à 95%, 1,03-1,30) indépendamment de la présence de DSA. Il n’y avait aucun effet du HED de classe II du donneur ou du HED de classe I ou II du receveur sur l’incidence des lésions hépatiques chez les adultes et les enfants. Cette association avec le rejet était donc indépendante de l’âge du receveur, du nombre d’identité HLA, de l’existence d’une maladie auto-immune, d’une greffe combinée ou d’infection par le VIH ou le VHB.

Conclusion : La HED de classe I du donneur, qui reflète l’immunogénicité du greffon, est associée au rejet aigu ou chronique d’une transplantation hépatique indépendamment des facteurs prédictifs du rejet. Ce marqueur pronostique est facilement accessible dès le genotypage du donneur et pourrait guider le choix du greffon et l’immunosuppression.
L’auteur n’a pas transmis de déclaration de conflit d’intérêt

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