Jeudi 30 septembre 2021 - 15h06

Résumé N°: CO_21

Intervention communautaire en vue d’éliminer le VHC chez les usagers de drogues actifs : ICONE (ANRS 95050)

H. Donnadieu*, C. Quillet, A. Debellefontaine, D. Laureillard, GP. Pageaux, N. Nagot (Montpellier, Nîmes)

Introduction : Les usagers de drogues (UD) représentent la population pour laquelle la prévalence et l’incidence de l’hépatite C (HCV) sont les plus élevées. L’objectif français d’élimination de l’hépatite C en 2025 ne pourra être atteint que par des actions innovantes de dépistage et d’accès aux soins des UD. La technique de recrutement « RDS » (Respondent-Driven Sampling) est basée sur un recrutement avec une double incitation (les pairs et financière), permettant ainsi d’atteindre les personnes fréquentant peu ou pas les structures de soins addictologiques. Cette approche a déjà été largement expérimentée dans les pays anglo-saxons à visée épidémiologique. Nous proposons de détourner la finalité de cette approche vers un processus de dépistage de masse du VHC en population UD et d’orientation rapide vers les soins VHC.
L’ objectif principal de cette étude était d’évaluer l’efficacité d’un modèle communautaire de dépistage de masse du virus de l’hépatite C combiné à l’initiation immédiate du traitement sur l’amélioration de la cascade de soins du VHC parmi les usagers de drogues actifs de la ville.

Patients et méthodes ou matériels et méthodes : Les patients âgés de 18 ans et plus, rapportant plus de 10 jours de consommation de psychostimulants par mois (en dehors du cannabis et de l’alcool), confirmée par une détection positive de produits dans les urines, étaient éligibles. Quinze « graines » (UD choisis en amont de l’étude, ayant les critères d’éligibilité à l’étude et un fort réseau social) représentatives des différents sous-groupes d’UD de la ville ont lancé l’étude RDS. Sur le lieu de l’étude, établi en dehors des structures de soins, des pairs employés et formés accueillaient les UD et passaient les questionnaires. Les questionnaires permettaient de recueillir des données socio-démographiques, addictologiques et virologiques. Des TROD VIH, VHC et VHB étaient effectués. Si le TROD VHC était positif, une PCR VHC (Xpert HCV VL®) était effectuée sur le site. En cas de positivité de l’ARN, l’UD rencontrait un médecin sur le site. Le bilan pré-thérapeutique était réalisé et le traitement prescrit lors de la même visite.

Résultats : 554 UD actifs ont été inclus, en majorité des hommes (79%), avec un âge médian de 39 ans. Ils vivaient en situation de précarité pour 75% et 35% étaient injecteurs. La prévalence de l’hépatite chronique virale C était de 8.8% (49 ARN VHC+). Dans les 6 mois suivant la RDS, 37 (65%) ont initié le traitement contre l’hépatite C. Actuellement 18 ont terminé le traitement, seuls 5 UD ont stoppé leur traitement prématurément et sont perdus de vue. En ITT, la RVS12 est de 74%, et de 100% parmi ceux ayant fait cette visite. Les résultats complets de RVS seront présentés lors du congrés.

Conclusion : Cette approche communautaire innovante, en accédant et traitant des UD peu ou non-engagés dans les soins, représente une stratégie prometteuse, complémentaire à celles existantes, pour atteindre les objectifs d’élimination du VHC en France chez les UD.
L’auteur n’a pas transmis de déclaration de conflit d’intérêt
Remerciements: ANRS

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