Jeudi 30 septembre 2021 - 15h18

Résumé N°: CO_22

Diversité du génome viral circulant au cours de l’infection par le virus de l’hépatite B

J. Sotty*, A. Schnuriger, B. Lekbaby, P. Bablon, J. Augustin, C. Dorival, F. Carrat, S. Pol, N. Sarica, C. Neuveut, H. Fontaine, C. Housset, D. Kremsdorf, P. Soussan (Paris, Montpellier)

Introduction : Le prototype infectieux du génome du virus de l’hépatite B (VHB) est un ADN circulaire de 3,2 kpb (ADNwt). Récemment, différentes formes génomiques du virus circulant ont été mises en évidence dans le sang de patients infectés par le VHB. Ces particules circulantes sont constituées soit d’ADN viral tronqué (ADNdef), issu de la rétrotranscription d’ARN épissés (générant des particules défectives), soit d’ARN viral prégénomique (ARNwt) ou épissé (ARNsp). Malgré de nombreux travaux, le rôle de cette diversité virale au cours de l’histoire de la maladie reste à encore déterminer. Notre objectif a été de caractériser la diversité du génome du VHB dans le sang, d’évaluer son lien avec la pathogenèse hépatique et son impact sur la réplication virale.

Patients et méthodes ou matériels et méthodes : Les quatres formes génomiques (ADNwt, ADNdef, ARNpg, ARNsp) du VHB ont été quantifiées par qPCR pangénotypique (sur le même extrait d’acides nucléiques) dans le sérum de 335 patients de la cohorte ANRS CO22 « Hepather » (177 non traités (NT), 158 traités (T)) couvrant tous les stades de la maladie. quatorze de ces prélèvements sériques, présentant une proportion variable des 4 formes du génome du VHB, ont été utilisés pour infecter des cellules dHepG2-NTCP. La diversité et la réplication virale ont été caractérisées 10 jours post-infection en intra et extracellulaire.

Résultats : L’ADN génomique du VHB (ADNwt+def) a été détecté dans 48% des échantillons de sérum (66% NT et 21% T), avec une charge virale moyenne de 6,67±6,29 log copies/ml. Malgré la détection fréquente de l’ADNdef, cette forme était majoritaire dans seulement 2% des cas. En comparaison, 26% des prélèvements (34% NT et 17% T) étaient positifs pour l’ARN du VHB (ARNwt+sp). Parmi ces échantillons, 13% étaient composés exclusivement de formes à ARN (uniquement patients T). Dans le groupe des patients NT à ADNwt+def positif (n=116), la proportion d’ARNwt+SP représentait de 0% à 99% des formes virales. Pour ces patients, la production de VHB était plus importante lorsque les particules à ARN étaient prédominantes (28% des cas). Leur présence a également été associée à un taux d’ALAT plus élevé (p<10-3), mais pas au degré de fibrose. In vitro, la diversité des formes virales dans le sérum n’a pas été retrouvée dans le surnageant des cellules après infection. En effet, alors que les particules d’ARNwt+sp représentait de 37% à 88% des formes de l’inoculum, leur proportion était inférieure à 20% dans les surnageants. De façon surprenante, la quantité d’ADN viral intracellulaire était plus importante après infection par un inoculum riche en particules ARN (>80%). Cet effet n’a pas été retrouvé pour les autres paramètres du VHB (ADNccc et ARNpg).

Conclusion : Nos résultats montrent que la diversité de la nature du génome virale est liée au niveau de réplication virale et que les particules ARN du VHB, bien que considérées comme non infectieuses, pourraient avoir un impact sur la réplication virale.
L’auteur n’a pas transmis de déclaration de conflit d’intérêt

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