Jeudi 30 septembre 2021 - 15h42

Résumé N°: CO_24

Impact des nouveaux traitements (AAD) de l’hépatite C dans la population générale et les populations à risque : étude réalisée en France à partir des données du SNDS sur la période 2015-2019

S. Pol*, M. Lemaitre, O. Lada, E. Benabadji*, P. Rabiéga, F. Fouad, I. Rodriguez, F. Roudot-Thoraval* (Paris, Courbevoie, Boulogne-Billancourt, Créteil)

Introduction : Les agents antiviraux directs (AAD) pour le traitement de l’hépatite C chronique sont disponibles en France depuis 2014 pour les patients atteints de fibrose sévère (accès prioritaire). A partir de 2017, leur accès a ensuite été élargi à l’ensemble des patients VHC+. Puis en avril 2018, la délivrance des AAD a été ouverte aux officines de ville. Enfin, depuis mai 2019 la prescription des AAD pangénotypiques a été ouverte à tout médecin. Cette étude vise à évaluer l’impact des mesures d’ouverture progressive de l’accès aux AAD sur la prise en charge de l’hépatite C, notamment en matière de dépistage et de délai de mise sous traitement, à la fois en population générale et chez les populations à risque.

Patients et méthodes ou matériels et méthodes : Cohorte constituée à partir des données du système national des données de santé (SNDS), incluant les patients adultes dépistés ou traités contre l’hépatite C chronique entre janvier 2015 et décembre 2019. Plusieurs algorithmes ont été développés permettant ainsi de caractériser des sous-groupes de patients à risque : migrants, VIH+, usagers de drogues, population psychiatrique et population carcérale.

Résultats : Durant la période d’étude, 71 466 patients ont initié un traitement anti-VHC (âge moyen 55 ans) . Les initiations de traitement ont augmenté de 44% entre 2015 et 2017 avant de chuter de 46% entre 2017 et 2019. Seuls 2 212 (3 %) patients ont été traités au moins deux fois.
Dans la population générale, la part des patients dépistés a augmenté de 1 point, passant de 4,6% à 5,6% entre 2015 et 2019. Le délai médian entre le dernier test de dépistage et la mise en place du traitement a fortement diminuée passant de 64 jours en 2015 à 37 jours en 2019 (tableau 1).
Parmi les patients traités, 54% n’étaient pas considérés comme à risque. Les principaux facteurs de risque non exclusifs étaient la pathologie psychiatrique (27%), l’usage de drogues (21%) et la séropositivité VIH (11%). Entre 2015 et 2019, le poids relatif des patients VIH+ a diminué de 19% à 8% parmi les patients traités, alors qu’il a augmenté pour les autres populations à risque (figure 1). Parmi la population psychiatrique, 51% (2017) à 57% (2019) des patients selon les années présentaient d’autres facteurs de risque, principalement l’usage de drogues (chevauchement de 38% à 52%).

Conclusion : Cette étude met en évidence l’impact de l’évolution de la politique d’accès aux AAD sur la prise en charge des patients : la montée en puissance du secteur ambulatoire s’est accompagnée d’une forte réduction du délai d’initiation du traitement et d’une hausse de l’effort de dépistage. L’accès universel en 2017 est allé de pair avec une hausse du nombre de patients traités, puis a été suivi d’une baisse susceptible d’indiquer une baisse du réservoir de patients. Par ailleurs, en ayant permis d’identifier le poids important de la population psychiatrique, cette étude est susceptible de contribuer à une amélioration de prise en charge et du dépistage du VHC dans cette population.

Déclaration de conflit d’intéret:
Dr F. Roudot-Thoraval a reçu des consulting and lecturing fees de Gilead et AbbVie. Le Dr S. Pol a reçu des consulting and lecturing fees de Janssen, Gilead, MSD, Abbvie, Biotest, Shinogui, Viiv, LFB et des grants de Bristol-Myers Squibb, Gilead, Roche et MSD

Remerciements : Cette étude a été financée par Gilead Sciences


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