Jeudi 30 septembre 2021 - 18h42

Résumé N°: CO_31

Registre français de l'échinococcose alvéolaire : 776 patients et 35 ans de recueil de données épidémiologiques et cliniques

J. Knapp *, F. Demonmerot, S. Lallemand, C. Richou, B. Heyd, D. Montange, F. Grenouillet, C. Turco, A. Doussot, L. Millon, S. Bresson-Hadni (Besançon, Paris)

Introduction : L’échinococcose alvéolaire (EA) est une maladie parasitaire du foie rare et potentiellement grave, due à Echinococcus multilocularis. Elle s’apparente à un cancer du foie à marche lente, nécessitant une prise en charge multidisciplinaire, la mise en place d’un traitement benzimidazolé (BZL) et une surveillance au long cours lorsque la resection chirurgicale à visée curative n’est pas possible. Depuis 1982, les données épidémiologiques et cliniques, à partir de l’ensemble des cas d’EA déclarés en France sont collectées grâce à la mise en place d’un registre régi par le Centre National de Référence des échinococcoses. Le but de ce présent travail est l’analyse de 35 ans de recueil, pour identifier les tendances évolutives épidémiologiques et cliniques de l’EA en France.

Patients et méthodes ou matériels et méthodes : Le recueil de données a été initialement réalisé de manière rétrospective, depuis 2003, puis prospective. Le réseau FrancEchino est composé de spécialistes de différents centres hospitaliers, en charge de patients atteints d’EA qui, avec l’accord du patient permet l’enregistrement des données dans une base informatique (logiciel CleanWebTM). Trois périodes sont considérées : période A (1982-1999), B (2000-2009) et C (2010-2018).

Résultats : De 1982 à 2018, 776 patients atteints d’EA ont été enregistrés. La moyenne d’âge est de 58,3 ans (10 à 91 ans). En termes épidémiologiques, 90,5% des patients vivent en zone d’endémie (Est et Centre de la France), sans modification significative dans le temps. Néanmoins, la prédominance de la zone d’endémie historique est moins marquée en période récente, avec une distribution plus large en France. Une augmentation de l’incidence est marquée (de 14 en période A à 37 cas/an en période C). Les activités agricoles chez les patients EA diminuent significativement dans le temps. L’accumulation de facteurs de risque est constatée (activités de chasse, contacts avec les renards, cueillette de plantes sauvages, détention de chiens/chats). Du point de vue clinique, les patients étaient plus souvent symptomatiques en période A qu’en période C (55% versus 42%). Un contexte d’immunosuppression (e.g. cancers, transplantation d’organes) concerne 25% des cas en période C. Au total, 89,7% des patients ont reçu un traitement BZL (95% en période C), avec un raccourcissement dans le temps entre le diagnostic et l’introduction du traitement, (moyenne de 10 à 2 mois). Le traitement chirurgical a été réalisé pour 33,4% des patients en période C. Le recours à la transplantation hépatique a diminué de 10,7 à 1% (entre A et C). La survie des patients EA à 15 ans est de 62,1% avant 2000 et de 66,1% après 2000.

Conclusion : L’augmentation de l’incidence de l’EA est nettement marquée ces dernières années. La contamination surviendrait au cours d’activités professionnelles ou de loisirs à risque avec cumul de plusieurs facteurs de risque. La prise en charge et le pronostic des patients atteints d’EA en France s’améliore dans le temps.
L’auteur n’a pas transmis de déclaration de conflit d’intérêt

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