Vendredi 1er octobre 2021 - 15h42

Résumé N°: CO_39

Les troubles cognitifs induits par l'alcool évalués par le MOCA limitent l'interpretation du PHES et de l'Animal Naming Test pour le dépistage de l'encéphalopathie hépatique minime

T. Brunet*, B. Giguet, C. Rayer, O. Masrour, M. Laland, T. Uguen, C. Jezequel, P. Houssel-Debry, L. Legros, C. Le Lan, R. Moirand, E. Bardou-Jacquet* (Rennes)

Introduction : L’encéphalopathie hépatique (EH) est une complication grave de la cirrhose avec une morbidité et mortalité significative.
L’EH minime (EHm) bien que plus difficile à mettre en évidence cliniquement est elle aussi associée à un pronostic péjoratif.
Le Simple Animal Naming Test (sANT) a été proposé comme un test simple et efficace pour le dépistage de l’EHm. Néanmoins une grande partie des patients présentent une maladie alcoolique du foie et certains peuvent avoir des troubles cognitifs liés à l’alcool.
Il n’y a pas de donnée sur l’impact de ces troubles cognitifs sur les performances du sANT dans le dépistage de l’EHm.

Patients et méthodes ou matériels et méthodes : Les patients hospitalisés entre 08/2019 et 10/2020 pour la prise en charge d’un sevrage en alcool, présentant une cirrhose ou non (cirrhose écartée par élastométrie), ainsi que ceux hospitalisés pour un bilan pré transplantation hépatique programmé ont eu une évaluation par la réalisation des tests PHES, MOCA et sANT. Les données cliniques et biologiques au cours de ces séjours ont été recueillies. L’EHm était définie par un test PHES ≤-4.

Résultats : Au total 238 patients était inclus, dont 138(57.6%) avait une cirrhose. Dans le groupe cirrhose, l’âge médian était de 61[54-64] ans, le Meld médian 14[9-19], le MOCA 26[24-27], 18(13.1%) patients présentait une EH clinique et 117(85.4%) avait une cirrhose d’étiologique alcoolique.
Dans le groupe sans cirrhose l’âge était de 48[42-55], le MOCA de 25[23-27]. Le nombre d’année d’étude était similaire dans les deux groupes (12[11-14] versus 11[9-12] ; p=0.2).
Dans le groupe sans cirrhose 34(33.7%) patients avait un PHES ≤-4, contre 52(38%) dans le groupe cirrhose. La performance diagnostique estimé par l’AUROC du sANT pour l’EHm dans le groupe cirrhose était de 0.75(0.69-0.81), en adéquation avec le travail de Campagna et al (Hepatology 2017 (AUC =0.72(0.66-0.77)).Le sANT était positivement corrélés à la Natrémie, et au Child.
Dans la population sans cirrhose le sANT était <10 chez 3 patients, entre 10 et 15 chez 27 patients et supérieur à 15 chez 69 patients. Il n’y avait pas de différence significative en fonction de la prise de benzodiazépine.
Le sANT était significativement corrélée au MOCA et au PHES dans le groupe cirrhose (rho=0.44,p<0.01 et 0.52,p<0.01) et dans le groupe sans cirrhose (rho=0.44 p<0.01 et 0.56p<0.01).
L’ensemble des tests du PHES étaient corrélés au MOCA dans les deux groupes.
Dans l’ensemble de la population, en analyse multivariés ajustée sur la présence d’une cirrhose, sur la prise de benzodiazépine, et sur la prise de rifaximine, le PHES était associé au sANT, au MOCA, et à l’albumine.

Conclusion : Chez les patients ayant une consommation excessive d’alcool les troubles cognitifs sont fréquents et indépendant de la présence d’une cirrhose constituée.
Chez les patients cirrhotiques ces troubles cognitifs doivent faire interpréter avec précaution les tests de dépistages cliniques de l’encéphalopathie hépatique minime tels que le PHES et le sANT.

L’auteur n’a pas transmis de déclaration de conflit d’intérêt

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