COMMUNICATIONS AFFICHÉES AFEF 2021

Résumé N° : PO_13

Les anomalies des tests hépatiques et la stéatose hépatique non-alcoolique peut prédire la sévérité et le prognostique de patients avec COVID-19

S. Tripon*, P. Bilbault, T. Fabacher, N. Lefebvre, S. Lescuyer, E. Andres, E. Schmitt, S. Garnier-Kepka, P. Le Borgne, J. Muller, H. Merdji, F. Chaffraix, D. Mutter, T. Baumert, F. Meziani, M. Doffoel (Strasbourg)

Introduction : La COVID-19 est un problème majeur de santé publique qui est devenu rapidement pandémique avec des effets dévastateurs dans des nombreux pays qui présente un spectre large de manifestations cliniques ayant des formes asymptomatiques jusqu’à la défaillance multiviscérale et décès. L’atteinte hépatique et les comorbidités telles que le syndrome métabolique sont associées aux formes sévères. L’objectif de l’étude a été d’évaluer les manifestations hépatiques, les caractéristiques cliniques et les facteurs de risque chez les patients atteints des formes légère, modéré et sévère de la COVID-19.

Patients et méthodes ou matériels et méthodes : On a inclus rétrospectivement les patients hospitalisés entre le 22 février et le 15 mai 2020 aux urgences de deux centres d’un hôpital tertiaire français pour infection à SARS-COV-2 confirmée par PCR. Les antécédents médicaux, les symptômes, les données biologiques et d’imagerie ont été recueillis.

Résultats : Parmi les 1381 hospitalisations pour la COVID-19, 719 patients ont eu le dosage des tests hépatiques à l’admission. Parmi eux : 101 (14 %) avaient une forme légère, 393 (54,7 %) modérée et 225 (31,3 %) sévère de la maladie. Un total de 496 (68,9%) patients présentait des anomalies de tests hépatiques : l’aspartate aminotransférase était le plus souvent anormale, suivie de la gamma-glutamyl transférase, de l’alanine aminotransférase, de l’albumine, de la phosphatase alcaline et de la bilirubine totale : 57 %, 56,5 %, 35,9 %, 18,4 %, 11,4 % et 5,8 %. La présence des anomalies de type cholestatique supérieurs à la limite de la normale et (LSN) et de type hépatocellulaire supérieur à 2xLSN était associés à un risque plus élevé d’hospitalisation (OR 11,91 ; IC95 % 1,45-98,27, p = 0,021 et OR 5,499 ; 95 % IC 1,27-23,86 ; p=0,023 respectivement). Les patients avec des anomalies de type hépatocellulaire 2xLSN avaient un risc plus élevé de développer une forme sévère de la maladie (OR 3,404 ; IC à 95 % 2,12-5,47 ; p < 0,001). A l’admission, 445 (62 %) patients présentait une stéatose hépatique. Un score NFS plus élevé était associé à une forme modérée de la maladie : OR 1,754 ; IC à 95 % 1,27-2,43 ; p<0,001. Les patients avec un score FIB-4 intermédiaire avaient un risque de 2,5 fois plus augmenté d’hospitalisation et un FIB-4 élevé était associé à un risque 5 fois plus élevé de maladie modérée (p<0,001) et sévère (p<0,001).

Conclusion : Les anomalies de tests hépatiques sont fréquentes chez les patients infectés par le SARS-CoV-2. La perturbation de la fonction hépatique prédit le prognostique de la Covid-19. Les patients atteints du syndrome métabolique et d’une maladie hépatique préexistante telle que la stéatopathie hépatique non alcoolique et la fibrose hépatique ont un risque plus élevé d’évolution vers une forme sévère de la COVID-19.

L’auteur n’a pas transmis de déclaration de conflit d’intérêt

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