COMMUNICATIONS AFFICHÉES AFEF 2021

Résumé N° : PO_26

La dexaméthasone améliore la tolérance clinique et biologique de la chimio embolisation intra artérielle pour le traitement du carcinome hépato cellulaire

O. Masrour*, B. Giguet, C. Rayer, T. Uguen, P. Houssel Debry, C. Jezequel, L. Legros, MA. Jegonday, E. Quehen, V. Brun, R. Moirand, E. Bardou-Jacquet (Rennes)

Introduction : La chimio embolisation lipiodolée (CEL) est un traitement validé du carcinome hépatocellulaire (CHC), fréquemment associé à des effets secondaires biologiques ou systémiques. Des travaux ont suggéré l’efficacité de la dexaméthasone (Dex) pour prévenir certains de ces effets. Néanmoins la plupart a été menée dans des populations asiatiques. Peu de données sont disponibles en population européenne où l’étiologie alcoolique et métabolique de la cirrhose est prédominante. Nous avons voulu évaluer la tolérance et l’efficacité de la Dex au cours des CEL pour CHC.

Patients et méthodes ou matériels et méthodes : Etude quasi expérimentale avant-après. Tous les patients ayant une CEL pour CHC dans notre centre d’avril 2019 à mars 2020 étaient inclus. Un traitement par DEX était ajouté à notre protocole à partir d’octobre 2020 (8mg J0&J1, 4mg J2) chez les non diabétiques. Un traitement par Ondansetron était systématique. Les données cliniques (température, antalgique palier 2 et morphinique) et biologique (ASAT, ALAT, GGT, Bilirubine, TP, INR, Albumine) étaient recueillies à J0, J2 et S6. Un épisode douloureux était défini par le recours aux morphiniques et la fièvre par un épisode>38°C au cours de l’hospitalisation. Les variations biologiques Δ%J0-J2 étaient comparées. Les paramètres associés au traitement par DEX étaient recherchés par une régression logistique binaire univariée puis multivariée.

Résultats : 98 patients étaient inclus (67 sans Dex, 31 avec Dex). L’âge médian était de 66ans, la cause de la cirrhose était alcoolique chez 44(44.8%) et mixte (alcoolique métabolique) chez 30(30.6%) patients. Le Child médian était de 5, MELD 10. Le stade BCLC était A pour 55(56.1%) et B pour 42(42.8%) patients. La CEL était hypersélective chez 43(43.8%) et sélective chez 54(55.1%). Les deux groupes étaient comparables sur le sexe, l’étiologie, le stade BCLC et le MELD, le groupe Dex était plus jeune (63vs68 ans, p=0.02).
Le groupe Dex avait significativement moins d’épisode fébrile (3.2%vs74.6%,p<0.001), il n’y avait pas de différence de recours aux morphiniques (19.3%vs28.3%,p=0.45).
En analyse multivariée après ajustement sur le Child et la présence d’un diabète, la Dex était négativement associée à la survenue d’un épisode fébrile (OR:0.002[0.00-0.13]), au Δ%Bili (OR:0.14[0.24-0.92]) et au Δ%Creat10μmol (OR:0.88[0.78-0.99]).
En analyse multivariée un épisode fébrile était négativement associé à la Dex (OR:0.008[0.001-0.073]) et au sevrage (OR:0.16[0.04-0.57]) et positivement mais non significativement à l’utilisation des morphiniques (OR:4.0[0.9-18.0]). Le recours aux morphiniques était positivement associé aux ALAT à J2 (OR:1.006[1.001-1.01]),aux PAL à J2 (OR:1.02[1.003-1.037]),à une CEL non hyperselective (OR:3.1[0.8-12.4]) et négativement aux ASAT à J2 (OR:0.99[0.99-1.00],p :0.044).

Conclusion : La Dex améliore significativement la tolérance clinique et biologique du traitement par CEL des CHC dans une population européenne de cirrhose principalement métabolique et alcoolique.

L’auteur n’a pas transmis de déclaration de conflit d’intérêt

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