COMMUNICATIONS AFFICHÉES AFEF 2021

Résumé N° : PO_32

L’abstinence d’alcool est associée à un meilleur pronostic en cas de carcinome hépatocellulaire

A. Donati*, J. Henrion, M. Regnier, P. Deltenre, A. Marot (Yvoir, Jolimont, Namur)

Introduction : En cas de carcinome hépatocellulaire (CHC), des données ont montré que le pronostic des malades porteurs d’une cirrhose alcoolique était moins bon que celui des malades ayant une cirrhose d’une autre origine. L’impact de l’abstinence dans ce contexte n’est pas clairement établi. Le but de ce travail était de comparer la présentation clinique, le pronostic et l’accès au traitement des malades porteurs d’une cirrhose alcoolique et non alcoolique développant un CHC, et d’évaluer l’impact de l’abstinence d’alcool.

Patients et méthodes ou matériels et méthodes : Tous les malades ayant développé un premier CHC ont été collectés rétrospectivement sur une période de 23 ans. L’abstinence était définie par l’arrêt total de la consommation d’alcool au minimum 3 mois avant le diagnostic du CHC. Les traitements par résection, ablation et transplantation étaient considérés comme curatifs. Un modèle multivarié de Fine et Gray a été utilisé afin d’identifier les facteurs associés à la survie à 5 ans après correction du biais de latence. Un modèle de régression logistique a été utilisé afin d’identifier les facteurs associés à l’accessibilité à un traitement curatif.

Résultats : 200 malades ont été inclus : 114 (57%) avec une cirrhose non alcoolique et 86 (43%) avec une cirrhose alcoolique, dont 35 abstinents et 51 consommateurs. Durant le suivi médian de 14 mois (95%IC : 11-16), 12 malades ont été transplantés et 156 sont décédés. Au diagnostic du CHC, les consommateurs étaient plus jeunes que les abstinents et que les malades ayant une cirrhose non alcoolique (59 vs. 63 vs. 68 ans, p=0.001), avaient une moins bonne fonction hépatique (score de MELD : 11 vs. 10 vs. 8, p=0.01, score de Child-Pugh : 6 vs. 5 vs. 5, p=0.02), étaient moins fréquemment dépistés pour le CHC (33% vs. 74% vs. 51%, p<0.001) et avaient plus souvent une maladie métastatique (16% vs. 0% vs. 6%, p=0.02). Après correction du biais de latence, les taux d’incidence cumulée du décès à 5 ans étaient respectivement de 48.6% chez les abstinents, 73.8% chez les consommateurs et 71.3% dans le groupe non alcool (p=0.03). En analyse multivariée, être consommateur (SHR : 2.02, 95%IC 1.18-3.45, p=0.01) et avoir une cirrhose non alcoolique (SHR : 1.72, 95%IC 1.03-2.89, p=0.04) étaient associés à une mortalité plus importante par rapport au fait d’être abstinent. La proportion de malades ayant accédé à un traitement curatif était de 65% chez les abstinents, 44% chez les consommateurs et 57% dans le groupe non alcool (p=0.14). En analyse multivariée, les facteurs associés à l’accessibilité à un traitement curatif étaient la fonction hépatique (Child A vs. B/C, OR : 4.96, 95%IC 2.50-10.15, p=0.001) et le fait d’être dans un programme de dépistage (OR : 4.96, 95%IC 2.50-10.15, p<0.001).

Conclusion : L’abstinence améliore le pronostic des malades porteurs d’une cirrhose alcoolique développant un CHC, en raison d’une meilleure fonction hépatique, d’une maladie tumorale moins avancée et d’un dépistage plus fréquent.

L’auteur n’a pas transmis de déclaration de conflit d’intérêt

Fermer le menu