COMMUNICATIONS AFFICHÉES AFEF 2021

Résumé N° : PO_35

Réponse inflammatoire et morbi-mortalité des patients cirrhotiques hospitalisés en réanimation pour une pneumonie à SARS-CoV-2. Etude ancillaire COVID-ICU

M. Giabicani, A. Le Menestrel*, B. Grigoresco, M. Guillouet, M. Hachouf, S. Janny, L. Khoy-Ear, E. Logre, T. Thibault-Sogorb, O. Roux, PE. Rautou, S. Dahmani, E. Weiss (Clichy)

Introduction : Les patients cirrhotiques présentent une dérégulation de leur réponse inflammatoire responsable d’une susceptibilité accrue aux défaillances d’organes et d’une surmortalité en cas de sepsis (1). Cette dysfonction immunitaire pourrait aggraver le pronostic des patients en cas de pneumonie à SARS-CoV-2 (COVID-19), maladie s’accompagnant elle-même d’un « orage inflammatoire » dont l’intensité serait associée au pronostic des patients (2). A notre connaissance, aucun travail n’a spécifiquement évalué l’impact de la cirrhose sur le devenir des malades hospitalisés en réanimation pour pneumonie à COVID-19. L’objectif de ce travail était de comparer le profil inflammatoire et la morbi-mortalité de patients cirrhotiques hospitalisés en réanimation pour pneumonie à COVID-19 à ceux de témoins non cirrhotiques (NC).
Patients et méthodes ou matériels et méthodes: Etude ancillaire rétrospective type cas-témoin menée à partir d’une base de données prospective multicentrique incluant 4643 patients hospitalisés en réanimation pour pneumonie à COVID-19 entre février et mai 2020 (cohorte COVID-ICU). Les patients cirrhotiques ont été identifiés et comparés à des témoins NC selon un ratio 1/3 après appariement sur l’âge, le sexe, le ratio P/F et les antécédents de diabète, d’immunodépression et d’obésité. L’analyse statistique utilisait les tests non paramétriques appropriés. Les résultats sont présentés en nombres (%) et médianes [IQR].

Résultats : Trente-trois patients cirrhotiques (âge 60 ans [55-65], sexe masculin 75%) présentant une cirrhose de gravité modérée (MELD 13 [9-21]) et d’étiologie majoritairement alcoolique (30%) ou métabolique (52%), et 99 patients NC (âge 59 ans [56-67], sexe masculin 76%) ont été inclus. L’analyse des marqueurs de réponse inflammatoire n’a pas retrouvé de différence significative sur la majeure partie des paramètres entre J1 et J28 : leucocytes, PNN, lymphocytes, ratio PNN/lymphocytes, CRP, PCT hormis une hyperfibrinogénémie moins prononcée entre J1 et J10 en cas de cirrhose (p<0,05). Le score SOFA lors des deux premières semaines d’hospitalisation était plus élevé en cas de cirrhose (Figure 1). Aucune différence significative n’a été retrouvée en termes de mortalité à J28 (21% vs 16%, NS), recours à la ventilation mécanique (68 % vs 78 %, NS), durée de ventilation mécanique (8 [7-15] vs 12 [8-20] jours, NS) ou surinfection bactérienne (52 % vs 57 %, NS). Enfin, le décès faisait plus souvent suite à une décision de limitation thérapeutique en cas de cirrhose (27% vs 4%, p<0,01).

Conclusion : Dans notre cohorte, les patients cirrhotiques présentaient une cirrhose modérée laissant supposer une limitation de l’admission en réanimation en cas d’hépatopathie plus sévère. Leurs défaillances d’organes étaient plus sévères alors que l’orage inflammatoire lié à la COVID-19 ne semblait pas amplifié. La mortalité n’était pas différente entre les groupes suggérant que la cirrhose ne doit pas être un motif de refus d’admission en réanimation si elle est peu sévère.

L’auteur n’a pas transmis de déclaration de conflit d’intérêt

Références : 1.J Hepatol. 2014;61(6):1385 96. 2.Oncoimmunology. 2020;9(1):1807836.

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