COMMUNICATIONS AFFICHÉES AFEF 2021

Résumé N° : PO_37

Impact de la pandémie Covid-19 sur le pronostic à court terme des patients atteints de cirrhose admis en unité de soins intensifs : une étude monocentrique

M. Rudler*, C. Bouzbib, P. Sultanik, S. Mouri, F. Conti, M. Mallet, I. Alioua, A. Mazzola, M. Allaire, O. Scatton, D. Thabut (Paris)

Introduction : En France, l’épidémie de Covid-19 s’est accompagnée d’une morbi-mortalité augmentée chez les patients (pts) avec cirrhose décompensée. Les données de l’agence de Biomédecine montrent que la mortalité sur liste de transplantation hépatique (TH) n’a pas été significativement modifiée (hausse de 11 à 13%), suggérant une perte de chance avant inscription sur liste. L’objectif de cette étude était de comparer les parcours de soins des pts hospitalisés en Unité de Soins Intensifs (USI) pour une décompensation de cirrhose avant et après le début de la pandémie, en ce qui concerne la discussion de TH, l’inscription sur liste et les réadmissions.

Patients et méthodes ou matériels et méthodes : Etude monocentrique, avec analyse rétrospective des données prospectives de tous les pts atteints de cirrhose hospitalisés dans notre USI d’hépato gastroentérologie. Deux périodes ont été définies: période 1 entre mars 2019 et mars 2020, avant la pandémie, et période 2 entre mars 2020 et mars 2021, pendant la pandémie. Le recours à la TH, le taux de réhospitalisation et la survie à 3 mois ont été comparés.

Résultats : 314 pts ont été admis en USI (176 période 1 et 138 période 2, baisse de 22% du nombre d’admis), dont les caractéristiques étaient: sexe masculin : 72% ; âge moyen : 59 ans ; causes de cirrhose : alcool 35%, syndrome métabolique 14%, mixte alcool+syndrome métabolique 36%, autre 15% ; motif d’admission : hémorragie digestive 40%, infection 10%, encéphalopathie 9%, insuffisance hépatique 23%, insuffisance rénale 10%, pose de TIPS 8% ; score de Child A/B/C dans 10/33/57%, score de MELD 20. Pendant la période 2, les pts étaient plus âgés (60 vs 58 ans, p=0,01), avaient un IMC plus élevé (29 vs 27 kg/m², p=0,03), et étaient plus souvent hospitalisés pour une première décompensation (37 vs 25%, p=0,02). La sévérité de la cirrhose, les motifs d’admission, la discussion de TH au cours de l’hospitalisation étaient similaires au cours des 2 périodes, conduisant à un bilan pré-greffe dans 35% vs 32% des cas, p=0,64. La mortalité intra-hospitalière était similaire entre les 2 périodes (15,9% vs 18,6%, p=0,54), ainsi que les scores de sévérité à la sortie d’USI. 17/176 pts (9,8%) ont été greffés dans les 3 mois pendant la période 1 et 13/138 (9,4%) pendant la période 2, p=0,93. A 3 mois, la survie globale et sans TH étaient significativement inférieures pendant la période 2 (54% vs 66%, p=0,02 et 46% vs 58%, p=0,01, respectivement). Le taux de réadmissions était plus bas pendant la période 2 (30% vs 49%, p=0,003). En analyse multivariée, les facteurs indépendamment associés à la mortalité étaient le score de MELD, une infection au cours de l’hospitalisation, la période 2 et l’absence de réhospitalisation.

Conclusion : Les patients admis en USI après le début de la pandémie avaient un risque de mortalité à 3 mois plus élevés, avec ou sans greffe hépatique. Ceci pourrait être expliqué par un manque d’accès aux soins, comme suggéré par une baisse des réadmissions dans notre étude.

L’auteur n’a pas transmis de déclaration de conflit d’intérêt

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