COMMUNICATIONS AFFICHÉES AFEF 2021

Résumé N° : PO_39

L’impact de la pandémie COVID-19 sur la prise en charge des cirrhotiques

A. Hassine*, A. Hammami, W. Ben Ameur, W. Dahmani, N. Elleuch, A. Braham, S. Ajmi, A. Ben Slama, M. Ksiaa, H. Jaziri, A. Jmaa (Sousse)

Introduction : La pandémie du COVID-19 a bouleversé les processus développés pour dispenser des soins de qualité aux patients atteints de cirrhose. Le but de ce travail était d’évaluer l’impact de la pandémie COVID-19 (première vague) sur la prise en charge des cirrhotiques, et ses conséquences sur l’évolution de la maladie.

Patients et méthodes ou matériels et méthodes : Il s’agit d’une étude transversale monocentrique colligeant tous les patients suivis pour une cirrhose et qui devraient se présenter à la consultation au cours des trois mois durant la première vague (Avril-Mai-Juin). Le recueil des données a été réalisé en consultant les données des malades ainsi que les dossiers médicaux informatisés des urgences.

Résultats : Quarante-huit patients ont été inclus, d’âge moyen 60,92 ans [49-77 ans], avec un sex ratio (H/F) de 1,18. L’étiologie de la cirrhose était : l’hépatite virale B (33,3%), l’hépatite virale C (33,3%), l’éthylisme chronique (4,2%), l’hépatite auto-immune (4,2%), NASH (12,5%), et de cause indéterminée (12,5%). Elle était classée Child-Pugh A (58,3%), B (37,5%) et C (4,2%), avec un score de Meld>15 dans 12,5% des cas. Durant la première vague de la pandémie, 37,5% des patients ont arrêté leurs traitements de fond : par non disponibilité (8,3%), par défaut de renouvellement suite à l’interruption des consultations (25%), par crainte d’augmenter le risque de l’infection par le COVID-19 (4,2%). La durée moyenne de l’arrêt du traitement était de 5,67 semaines [2-12 semaines]. 58,3% des patients ont décrit une aggravation de leurs symptomatologies. Vingt-huit patients (58,4%) avaient consulté aux urgences pendant le confinement, le motif de la consultation était : une hémorragie digestive (57,1%), des douleurs abdominales (28,5%), un syndrome oedémato-ascitique (7,1%) et un ictère cutanéo-muqueux (7,1%). 54,2% des patients étaient hospitalisés dans notre service au moins une fois durant la pandémie. Un carcinome hépato-cellulaire a été diagnostiqué chez 38,5% des patients. La durée moyenne de l’hospitalisation était 5,47 jours [3-7]. Dix-huit patients ont eu une aggravation de la fonction hépatocellulaire (passage du stade B au stade C de Child-Pugh chez 10 patients, et du stade A au stade B chez 8 patients). En analyse multivariée, la survenue de complications était significativement associée à la durée de l’arrêt du traitement (p=0.034), et à l’arrêt des consultations (p=0.049). Des prélèvements naso-pharyngés pour PCR Covid ont été pratiqués chez 16,7% des patients suite à l’apparition de signes évocateurs, revenant tous négatifs.

Conclusion : La pandémie du COVID-19 avait un impact péjoratif significatif sur la prise en charge des patients cirrhotiques. La gestion de cette maladie chronique grave durant cette période constitue un véritable défi, justifiant le développement de mesures alternatives comme les téléconsultations.

L’auteur n’a pas transmis de déclaration de conflit d’intérêt

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