COMMUNICATIONS AFFICHÉES AFEF 2021

Résumé N° : PO_41

Facteurs prédictifs de mortalité précoce après transplantation hépatique pour hépatite fulminante

C. Mouliade*, P. Ichai, V. Caillez, A. Joosten, B. Rosenbaum (Paris, Villejuif, Le Kremlin Bicêtre)

Introduction : Il est actuellement difficile de prédire l’évolution après transplantation hépatique des patients transplantés en super urgence pour hépatite fulminante, quelle qu’en soit la cause. Alors que de nombreux scores existent pour indiquer la nécessité d’une transplantation en super urgence, il existe peu d’études proposant des facteurs pré-transplantation permettant d’identifier les patients qui décéderont dans les jours suivant cette transplantation. Le but est la mise en évidence de facteurs prédictifs de décès précoce (dans les 7 jours suivant la transplantation hépatique) chez des patients atteints d’hépatite fulminante afin d’identifier ceux chez qui le projet de transplantation devrait être écarté du fait de l’absence de bénéfice prévisible ou au contraire ceux chez qui l’indication de transplantation devra être maintenue malgré la présence d’une ou de plusieurs défaillances d’organes.

Patients et méthodes ou matériels et méthodes : Il s’agit d’une étude monocentrique incluant 105 patients hospitalisés en réanimation pour hépatite fulminante entre 2010 et 2021. L’ensemble des données cliniques, biologiques et d’imageries ont été collectées de façon rétrospective à trois moments différents : à l’admission en réanimation, à l’inscription sur liste de transplantation en super urgence et à l’entrée au bloc opératoire pour transplantation hépatique.

Résultats : Vingt-trois patients (21,9 %) sont décédés au cours de leur hospitalisation en réanimation. Parmi ces patients, 6 sont décédés dans les 7 jours suivant la transplantation hépatique. En analyse univariée, plusieurs facteurs recueillis au moment de l’entrée au bloc opératoire étaient associés à un risque de mortalité précoce : un grade d’encéphalopathie hépatique élevé (p = 0,0001), une anurie (p = 0,018), un score de Glasgow bas (p = 0,0004), un pH bas (p = 0,038), un taux de bicarbonate bas (p = 0,0006) et un lactate élevé (p = 0,001). Trois évènements survenant avant la transplantation hépatique étaient associés à un surisque de mortalité précoce : un arrêt cardio-respiratoire (p = 0,007), une hépatectomie totale avec anastomose porto-cave pour foie toxique (p = 0,007) et une ischémie digestive étendue (p = 0,007). Il existait par ailleurs une tendance à une augmentation importante des doses de catécholamines dans le groupe des patients décédés dans les 7 jours (+ 19,1 ± 37,5 mmol/L) sans que cette différence ne soit statistiquement significative (p = 0,34).

Conclusion : Notre étude a permis d’identifier une liste de facteurs de risque de décès dans les 7 jours après une transplantation hépatique pour hépatite fulminante : la présence de troubles neurologiques, d’une anurie, le recours à une épuration extra-rénale, un pH ou un taux de bicarbonates bas, un lactate élevé et une augmentation importante de la noradrénaline doivent alerter le clinicien le risque accru de mortalité précoce.

L’auteur n’a pas transmis de déclaration de conflit d’intérêt

Fermer le menu