Résumé n°EP_53

Elimination du VHC à l’échelle d’un Groupe Hospitalier : un projet ambitieux mais difficile à mener

M. Ben Abbes*, C. Alloui, H. Delagrèverie, V. Grando, E. Gordien, D. Roulot, S. Brichler (Bobigny)

Introduction :
L’hépatite C chronique est responsable d’une morbi-mortalité hépatique importante. La stratégie d’éradication prônée par les autorités sanitaires vise à améliorer le dépistage, toutefois l’insertion dans le parcours de soin a été identifié comme un maillon faible de la cascade de soin en France. L’objectif de notre étude était d’identifier les patients dépistés positifs pour le VHC (sérologie et /ou PCR) sur notre Groupe Hospitalier (GH) mais non traités par la suite.

Patients et méthodes / ou matériel et méthodes :
Notre étude a inclus de façon rétrospective tous les patients de notre GH ayant eu un test positif pour le VHC (sérologie et/ou PCR) entre 2012 et 2022. Dans une première phase, les patients VHC+ ont été identifiés à partir de la base de données centralisée du laboratoire de virologie, et leurs dossiers biologiques et médicaux ont été étudiés afin d’identifier les patients sans historique de traitement antiviral. Pour contacter ces derniers, nous avons tout d’abord envoyé un courrier (postal et/ou électronique) à leur médecin traitant (si renseigné), puis directement aux patients concernés. Enfin, en cas de non-réponse à nos courriers, les patients ont été contactés directement par téléphone si celui-ci était disponible.

Résultats :
Au total, 2577 patients VHC+ ont été inclus, parmi lesquels 1010 (39,2%) avaient une sérologie et un ARN positifs, 1028 (39,9%) présentaient une sérologie positive et un ARN négatif, et 539 (20,9%) n’avaient pas d’ARN disponible. L’analyse des dossiers médicaux informatisés a conduit à classer ces patients comme i) guéris de leur infection VHC (n=1722, 66,8%), ii) ayant un statut VHC réplicatif ou inconnu aux dernières nouvelles (n=519, 20,1%), iii) décédés (n=255, 9,9%, dont 36% de cause hépatique), iv) en situation de soins palliatifs (n=62, 2,4%), v) sans dossier médical disponible (n=19, 0,7%).
Un courrier a été envoyé au médecin traitant de 251/519 (48,4%) patients, avec seulement 11 réponses, permettant 6 reprises de suivi. Par ailleurs, 321/519 patients (61,8%) ont été contactés à leur domicile par courrier, 10 d’entre eux y ont répondu et 4 ont été réintroduits dans le parcours de soins ; 198 courriers sont revenus non distribués. Enfin, en l’absence de réponse aux courriers, des appels téléphoniques vers 429/498 (86,1%) patients ont été réalisés. 129 patients ont pu être joints et 85 ont accepté un rendez-vous pour une PCR VHC de contrôle +/- une mise sous traitement.

Conclusion :
Notre étude a permis la reprise du suivi VHC de 95 patients et leur traitement si besoin, mais ce processus de rattrapage est compliqué et peu efficace, ce qui milite pour une mise en soin immédiate après le dépistage. Une amélioration de la communication des résultats positifs est également nécessaire pour atteindre l’objectif d’élimination de l’hépatite C en France d’ici 2025.

Les auteurs déclarent avoir un conflit d’intérêt