Résumé n°PJ_09

Le score Enhanced Liver Fibrosis (ELF) est performant pour l’estimation de la fibrose hépatique sévère avant et après le sevrage chez des patients présentant des troubles liés à l’usage de l’alcool.

T. Lévi-Strauss*, J. Gal, E. Gelsi, R. Truchi, D. Ouizeman, A. Tran, R. Anty (Nice)

Introduction :
Le score Enhanced Liver Fibrosis (ELF) permet d’estimer de manière non invasive la présence d’une fibrose hépatique. Bien que ses performances diagnostiques soient excellentes, son profil évolutif à l’arrêt d’une consommation chronique d’alcool, et donc sa fiabilité dans ce contexte n’est pas connue.
Notre objectif était d’étudier l’évolution du score ELF pendant 3 mois chez des patients présentant une consommation chronique d’alcool et qui ont bénéficié d’une cure de sevrage en hospitalisation.

Patients et méthodes / ou matériel et méthodes :
35 patients (25 H, 10 F) présentant une consommation chronique d’alcool et ayant bénéficié d’une cure de sevrage hospitalier d’une semaine ont été inclus. 4 dosages du ELF ont été recueillis : à J0 (début de la semaine d’hospitalisation), J7 (fin de la semaine d’hospitalisation), J30 (1ere consultation de suivi) et J90 (2eme consultation de suivi). Une quantification de la consommation d’alcool était effectuée à J30 et J90 ainsi qu’un bilan biologique standard comprenant un bilan hépatique. Une mesure de l’élastométrie impulsionnelle hépatique par Fibroscan® était également réalisée pendant la semaine d’hospitalisation (J4) et à la consultation de J30. Les performances diagnostiques du ELF à J0, J7, J30 et J90 ont été calculées en fonction du résultat de l’élastométrie mesurée à J30.

 

Résultats :
La consommation moyenne d’alcool de la cohorte était évaluée à 140 g/j et la durée de consommation de 19 ans. A J30, 8 patients avaient repris une consommation d’alcool, à 90 g/j en moyenne et 13 patients avaient repris à J90 à 80 g/j.
A J0, 11/35 patients avaient un ELF ≥ 9,8. A J30, 6/27 patients avaient une élastométrie > 12,1 kPa.
Sur toute la cohorte, le ELF a légèrement augmenté entre J0 (ELF moyen 9,24; n = 35), J7 (ELF moyen 9,74; p < 0,001; n = 35) et J90 (ELF moyen 9,53; p = 0,023; n = 24). Le ELF entre J0 et J30 était comparable (ELF moyen 9.24 vs 9,40; p = 0,11; n = 28).
Chez les patients ayant maintenus le sevrage à J30 (n = 20), le ELF moyen est passé de 8,93 à 9,13 (p = 0,32) et à J90 (n= 11) de 8,99 à 9,27 (p = 0,11), chez ceux ayant repris une consommation d’alcool à J30 (n = 8), le ELF moyen est passé de 9,70 à 10,1 (p = 0,076) et à J90 (n = 13) de 9,35 à 9,75 (p = 0,11), pas de différence significative entre ces groupes à J30 (p = 0,672) et à J90 (p = 0,68).
L’élastométrie était stable avec une médiane de 6,25 kPa à J4 et à 6,05 à J30 (p = 0,17; n = 26).
En prenant en référence l’élastométrie à J30, le ELF à J0 avait une sensibilité (Se) de 83% et spécificité (Sp) de 86%, à J7 Se de 70% et Sp de 71%, à J30 Se de 70% et Sp de 85% et à J90 Se de 83% et Sp de 93%.

Conclusion :
Chez des patients présentant une forte consommation d’alcool, le score ELF ne semble pas impacté de façon significative par le sevrage. Il serait donc un outil fiable d’évaluation de la fibrose hépatique chez ces patients.

Les auteurs déclarent ne pas avoir de conflit d’intérêt